NANTES & LE MANS
PRESENTATION
1681-2008
SOURCES
MORLAIX
NANTES & LE MANS
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LIENS
MA CONTRIBUTION
Façade principale, vers 1915 / 1999 / Bât. A, 1996 / Bât. E et cheminée, 1996 (Coll. L. Fièvre).

LES MANUFACTURES DE TABACS ET D'ALLUMETTES
MA CONTRIBUTION



LA
MANUFACTURE
DE
NANTES

(LOIRE-ATLANTIQUE)





« Mon cher maire de Nantes,
Par bonne fortune, je viens de rencontrer ici une occasion d’être utile à votre grande et bonne ville, je m’empresse de la saisir. Un des mes amis en position d’être le plus informé que nul autre méditait hier soir : Les besoins croissants du service (Administration des tabacs) légitiment, commandent même la création d’une nouvelle manufacture. Elle occuperait 500 ouvriers. Nantes la désire et l’a sollicitée. Nantes est précisément placé au centre de la zone qui comporte cette création et qui serait alimentée par cette manufacture […]. Cette érection à Nantes serait un fleuron attaché à votre couronne de maire (couronne civique bien entendu), aussi me suis-je empressé devoir raconter une causerie et devoir donner l’éveil ».


C’est en ces termes rédigés en 1849 par Grégoire Bordillon, le préfet du Maine-et-Loire, qu’Evariste Colombel, le maire de Nantes est informé des intentions du gouvernement quant à la mise en place d’une quinzième manufacture de tabacs sur le territoire français. Tout comme l’indique son auteur, l’intérêt porté par la municipalité à un tel projet n’est pas nouveau et il semble qu’il soit motivé en grande partie par des demandes visant à doter Nantes d’une structure industrielle étatique accordée sous forme de reconnaissance ou de privilège.

Succédant à des ateliers provisoires installés en 1857, la manufacture de Nantes est conçue entre 1861 et 1865 pour répondre à l’accroissement de la consommation des cigares en France. Elle produira toutes les formes de tabacs à fumer : scaferlati, cigarettes (1872) et cigarillos (1901).

Elle figure au nombre des premières manufactures modèle Rolland, dont le prototype est conçu à Strasbourg entre 1848 et 1851 par l’ingénieur du même nom. Son plan en grille repose sur la combinaison de cinq bâtiments rectangulaires qui limitent deux cours intérieures, la cour d’honneur et la cour du service technique.

Dans l’histoire du Monopole français des tabacs, l’établissement se distingue pour avoir expérimenté et fondé de nombreuses œuvres sociales : une société de secours mutuels en 1858, une crèche en 1861 ou encore un bureau d’Epargne en 1876. La qualité de ces œuvres incitera l’Administration des Tabacs à ouvrir des services analogues dans la plupart des autres établissements manufacturiers, y compris dans les manufactures d’allumettes.



Bât. D, 1999 / Bât. B, 1999 / Bât. C, 1996 / Bât. H, 1999 / Bât. I, 1996 (Coll. L. Fièvre).


LES EFFECTIFS
EN QUELQUES CHIFFRES

années : ouvriers

1857 : 0255
1862 : 0877
1877 : 1889
1882 : 1684
1897 : 1064
1902 : 1139
1915 : 1305
1930 : 1031
1939 : 0639
1945 : 0392
1958 : 0519
1974 : 0443




Ne répondant plus aux attentes du Monopole, la manufacture du boulevard Stalingrad ferme définitivement ses portes en 1974, un an après l’ouverture d’une nouvelle usine implantée sur la commune de Carquefou.

Après une campagne de réhabilitation menée par la ville de Nantes au début des années 1980, l’ancienne manufacture est transformée en quartier mêlant un pôle municipal, des services de proximité (logements, crèche, permanence médico-sociale, halte-garderie, foyer du troisième âge, bibliothèque, salle de gymnastique, restaurant, commerce, places de stationnement), ainsi que des équipements répondant à des besoins municipaux plus précis tels qu’une maison des associations ou une auberge de jeunesse.


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Elévation sur canal des Planches, vers 1900 / 1996 / Bât. G, C et cheminée, 1998 (Coll. L. Fièvre).


LES MANUFACTURES DE TABACS ET D'ALLUMETTES
MA CONTRIBUTION




LA
MANUFACTURE
DU
MANS

(SARTHE)





Debises, l’ingénieur en chef du Service central, dresse l’avant-projet de construction de la manufacture des tabacs du Mans le 12 juillet 1876. Le 10 mars 1877, sa création est déclarée d’utilité publique par le maréchal Mac Mahon, alors président de la République. Etablis entre le 4 juillet et le 7 novembre 1878, les différents plans sont arrêtés par l’ingénieur Büttner et l’ingénieur en chef Grouvelle, avant d’être approuvés, le 16 décembre 1878, par le ministre des Finances. Dans le même temps, le conseil de la manufacture et l’ingénieur en chef du Service Central votent une dépense de 1.330.000 francs comme frais de construction.

C’est à l’intérieur d’ateliers provisoires aménagés en 1877 que commence l’histoire de la manufacture des tabacs du Mans. A partir du modèle type inventé par l’ingénieur Eugène Rolland, l’établissement définitif est élevé entre 1879 et 1883 par le Service Central des Constructions et des Appareils Mécaniques. Le terrain choisi borde le canal des Planches à proximité de la Sarthe, ainsi que le chemin de fer de Bretagne (actuelle ligne Paris-Brest).
Tout comme à Nantes, la production repose sur la fabrication du scaferlati, des cigares, des cigarillos et des cigarettes.

Rapidement, la manufacture devient un centre d’expérimentation et de construction mécanique très important. Les ingénieurs et les préposés qui s’y succèdent entre 1888 et 1914 mettent au point de nombreuses inventions qui participent de manière active à l’essor de cette industrie. Parmi les plus célèbres, figurent la machine à paqueter le scaferlati en paquets de 40 grammes de l’ingénieur Emile Belot, la machine à paqueter les cigarettes en paquets plats de l’ingénieur Georges Boullet et le sulfateur à dénicotiniser les tabacs d’Alphonse-Théophile Schlœsing.



Raison sociale, 1996 / Elévation rue du colonel Raynal, 1998 / Bât. B, 1996 (Coll. L. Fièvre).


LES EFFECTIFS
EN QUELQUES CHIFFRES

années : ouvriers

1877 : 0400
1883 : 0610
1887 : 0584
1891 : 0481
1900 : 0562
1908 : 0573
1930 : 0650
1945 : 0450
1954 : 0518
1960 : 0477
1973 : 0400
1982 : 0278
1988 : 0145





La plupart des matériaux employés sur le chantier de construction de la manufacture sont acheminés jusqu’au terrain par des péniches empruntant le canal des Planches. Recouverte d’un enduit rustiqué dit tyrolien, la maçonnerie des murs en élévation est constituée de moellons. Seul le parement de la façade sur rue du bâtiment A présente un appareil régulier allongé en pierre de taille de Saint-Vaast. D’autres pierres sont mises en œuvre : un moellon calcaire smillé dans les soubassements et le mur de clôture en opus insertum (appareil irrégulier polygonal) ; une pierre de taille en granit de Chauvigny (Vienne) dans le soubassement du bâtiment A, ainsi qu’à la base des contreforts et des piédroits des portes ; une pierre de taille dure issue des carrières de Méry (Seine-et-Oise) dans les appuis, le meneau des fenêtres et les encadrements des portes ; et une pierre de taille fournie par les carrières de Saint-Vaast dans les encadrements des baies et les corniches.

Excepté quelques agrandissements réalisés au XXe siècle et notamment la construction de trois grands bâtiments d’exploitation - bâtiment I (1933-1935), bâtiment R (1936-1937) et bâtiment J (1968-1970) - le site manufacturier a conservé son parti architectural d’origine. Le module central est toujours composé des cinq bâtiments de plan rectangulaire répartis autour de la cour d’honneur et de la cour du service technique.
Depuis 1988, année de fermeture des ateliers de fabrication, une Direction régionale de distribution de tabacs (groupe Altadis) occupe désormais les locaux.




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Mise à jour 12-11-08